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L'évolution du Web

Internet - SNT Seconde

L'évolution du Web

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Objectifs

  • Comprendre les principales étapes de l'évolution du Web (Web 1.0, 2.0, 3.0).
  • Identifier les caractéristiques techniques et sociales de chaque phase.
  • Analyser l'impact de cette évolution sur les usages et les utilisateurs.

Introduction

Imaginez un monde sans TikTok, sans Netflix, où consulter une simple page web prenait plusieurs minutes avec un bruit de modem strident. C'était la réalité il y a à peine 25 ans. Le Web que vous connaissez a considérablement évolué depuis sa création, passant d'une simple bibliothèque de documents à un espace interactif omniprésent.

Comment le Web est-il passé d'un outil de partage de documents scientifiques à l'écosystème interactif et social qui structure notre quotidien ?

Le Web 1.0 : Le Web « statique » ou « en lecture seule » (1991 - ~2004)

Inventé par Tim Berners-Lee au CERN en 1989-1991, le World Wide Web avait pour objectif initial de permettre aux scientifiques de partager facilement des documents de recherche. Le Web 1.0, dominant jusqu'au début des années 2000, se caractérise par sa simplicité et sa passivité pour l'utilisateur final. Les sites web étaient principalement constitués de pages HTML statiques, créées manuellement et mises à jour par des webmasters. L'internaute était un simple lecteur ou consommateur d'information. La navigation se faisait via des hyperliens, mais il y avait peu d'interaction. Les exemples typiques sont les premières pages personnelles, les sites vitrines d'entreprises (comme les premières versions du site de la FNAC ou de Renault), les annuaires comme Yahoo! et les premiers moteurs de recherche (Altavista). La création de contenu était réservée à une minorité de personnes maîtrisant le langage HTML. La connexion se faisait principalement par modem RTC (Réseau Téléphonique Commuté), avec des débits très lents (56 kbits/s) qui rendaient le chargement des images long. Cette ère a posé les bases fondamentales : les URL, le HTTP et le HTML.

Points clés

  • Objectif initial : partage de documents scientifiques.
  • Pages statiques en HTML, mises à jour manuellement.
  • Utilisateur passif = consommateur d'information.
  • Exemples : premières pages perso, sites vitrines, annuaires.

Le Web 2.0 : Le Web « social » et participatif (~2004 - Aujourd'hui)

Le terme « Web 2.0 », popularisé à partir de 2004, marque un changement de paradigme majeur : l'internaute devient acteur. La technologie évolue (AJAX, hauts débits, smartphones) pour permettre des applications web riches et interactives. La caractéristique principale est la possibilité pour tout un chacun de créer et de partager du contenu facilement, sans connaissance technique. Les plateformes remplacent les sites statiques. On parle d'« Intelligence collective » où la valeur est créée par les utilisateurs eux-mêmes. Les exemples emblématiques sont les blogs (avec des plateformes comme Skyblog, puis WordPress), les wikis (Wikipedia étant le parfait exemple), les réseaux sociaux (MySpace, puis Facebook, Instagram, TikTok), les sites de partage de vidéos (YouTube), les plateformes de microblogging (Twitter) et les services de cloud (Google Drive, Dropbox). Le modèle économique évolue aussi, souvent basé sur la publicité ciblée et la monétisation des données des utilisateurs. C'est l'ère du « Like », du partage, du commentaire et de la création de communautés en ligne. C'est le Web que vous utilisez quotidiennement.

Points clés

  • Utilisateur actif = créateur de contenu (UGC : User-Generated Content).
  • Montée en puissance des plateformes et des réseaux sociaux.
  • Interactivité et dynamisme des pages (AJAX).
  • Modèle économique basé sur les données et la publicité.

Vers le Web 3.0 : Le Web « sémantique » et décentralisé ?

Le Web 3.0 est un concept encore en construction, sans définition universelle. Il désigne généralement la prochaine évolution majeure du Web, visant à répondre aux limites du Web 2.0 (centralisation des données, vie privée, monopoles des GAFAM). Deux visions principales coexistent. La première, portée par Tim Berners-Lee, est celle du Web Sémantique : un web où les données seraient structurées et liées de manière à être comprises et traitées directement par les machines, permettant une recherche d'information bien plus intelligente et pertinente. La seconde vision, très médiatisée, est celle d'un Web Décentralisé, souvent associé aux technologies blockchain et aux cryptomonnaies. L'idée est de reprendre le contrôle des données et des identités aux grandes plateformes, en les stockant sur des réseaux pair-à-pair. Les applications décentralisées (dApps), les NFT ou le métaverse en sont des manifestations. Cependant, ce Web 3.0 reste embryonnaire, techniquement complexe, et son adoption massive n'est pas encore acquise. Il promet plus de contrôle pour l'utilisateur mais pose aussi de nouveaux défis (énergie, régulation).

Points clés

  • Concept en évolution, pas encore stabilisé.
  • Deux axes : Web Sémantique (données intelligentes) et Web Décentralisé (blockchain).
  • Objectif : plus d'autonomie pour l'utilisateur, moins de centralisation.
  • Technologies émergentes (IA, blockchain) mais adoption incertaine.

Applications pratiques : Comparer les époques du Web

Pour bien saisir les différences, analysons l'évolution d'un service concret : la consultation d'actualités. En Web 1.0, vous alliez sur le site statique d'un journal (ex: lemonde.fr version 2000) pour lire des articles choisis par la rédaction. Aucun commentaire possible. En Web 2.0, vous consultez les actualités via votre fil d'actualités Facebook ou Twitter. Les articles vous sont recommandés par un algorithme basé sur vos goûts. Vous pouvez liker, partager, commenter, et même voir les réactions de vos amis. Vous pouvez aussi devenir vous-même source d'information en tweetant sur un événement. En Web 3.0 (vision décentralisée), vous pourriez utiliser une plateforme de blog décentralisée (comme Mirror.xyz) où vos articles seraient hébergés sur une blockchain, inaltérables et sous votre contrôle total, sans modération centrale. Un autre exercice pratique : utilisez la Wayback Machine (archive.org) pour visualiser et comparer l'évolution de l'interface d'un site célèbre (ex: google.com) entre 1998, 2005 et aujourd'hui.

Points clés

  • Analyser l'évolution d'un usage concret (ex: lire les news).
  • Utiliser des archives en ligne (Wayback Machine) pour observer les changements.
  • Comprendre le passage du contenu éditorial statique au contenu algorithmique et social.

À retenir

Le Web a connu trois grandes phases évolutives. Le Web 1.0, statique et en lecture seule, a mis en place l'infrastructure de base. Le Web 2.0, social et participatif, a placé l'utilisateur au centre comme créateur de contenu, donnant naissance aux géants des plateformes. Le Web 3.0, encore émergent, explore les voies de la décentralisation et de l'intelligence sémantique pour adresser les limites de l'ère actuelle. Cette évolution est à la fois technique, économique et sociale.

  • Le Web n'est pas né interactif ; le Web 1.0 était une bibliothèque de documents statiques.
  • Le Web 2.0 a démocratisé la création de contenu et donné naissance aux réseaux sociaux et aux plateformes.
  • Le Web 3.0 est une vision future qui cherche à redonner du pouvoir et de la confidentialité aux utilisateurs, potentiellement via la décentralisation.
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